pour tout les gens qui s'en souviennent encore, fallait que je la mettre... la fameuse lettre qui m'a vallu le surnom de "le nouveau hugo"... welcome to the fuck les amis...
Tableau 23 : M. l'agrégé en philosophie – Partie II
Philosophie du droit, ah ! cette si belle matière à laquelle je n'ai été qu'une heure en un semestre entier ! Mais il fallait s'y attendre, le partiel est vite arrivé... Cinq questions auxquelles il fallait répondre en une heure et demie. Au programme de cette année donc qu'est ce que l'intérêt général, ou encore qu'est ce que le droit naturel... Voici au mot près ma prestation du jour :
" S'il est vrai que j'aurais pu assister à vos cours de la même manière que j'aurais pu répondre aux 5questions posées: il n'en est rien.
Partant de ce postulat il est vrai que tomber d'accord sera très improbable. Mais commençons par le début: la philosophie. "Philo", " Sophia": l'amour de la sagesse. C'est une belle définition, mais aussi belle soit-elle: je ne suis pas parvenue à en trouver le contenu durant ces heures que vous avez dispensé en amphi Scelle.
Où est la réflexion dans une salle où quelques étudiants peu farouches notent au mot près les théories exposées sans même s'interroger ? Je ne suis pas parvenue à trouver une intelligence particulière, mais simplement une érudition piquante. Car il faut être honnête, certains de vos propos furent déplacés ou tout du moins: provocants.
Comparer la prostitution a un commerce de boulangerie, et mieux, faire l'apologie du viol ! Dans votre question numéro une vous parlé d'intérêt général et d'intérêt particulier, cette question illustre au mieux ma pensée.
L'intérêt général, le profit de tous, doit primer sur l'intérêt particulier: l'enrichissement d'un seul. Ainsi l'intérêt général aurait voulu que nous nous interrogions sur certains concepts plutôt que d'écouter quelques une de vos théories fumeuses. A moins que l'intérêt d'une multitude de particuliers soit identique et devienne par voie de fait intérêt général; mais ce n'était pas le cas.
Votre question deux me permet de poursuivre ma réflexion : le droit naturel. Il est l'échelon suprême, la norme mère. Il représente un panel de droits inaliénables et fondamentaux de l'homme. Il est ainsi cohérent que le droit positif, qui lui est subordonné, le respecte.
L'un de ces droits naturels est le principe de dignité humaine. Le droit positif consacre ce principe par diverses libertés, ainsi que par les notions d'indisponibilité et d'inviolabilité du corps humain. Le viol s'inscrivant à l'encontre et de l'un et de l'autre.
Votre démonstration orale fut de dire que cette action n'est pas si ignominieuse que cela dans le sens ou, une personne qui cherche a prendre du plaisir cela n'est pas si illégitime que ca n'y parait, certes.
Mais sauf votre respect monsieur, une personne confondant son plaisir propre et l'humiliation qu'il fait subir a "sa proie" : comment qualifieriez-vous cela ?
Si un violeur recherchait uniquement a prendre du plaisir.. .. il se satisferait lui même et n'aurait ainsi donc besoin de l'aide de personne !
De ma petite fenêtre d'étudiante, votre point de vu me semble fort tronqué et quelque peu perverti par cette pensée unique qui s'acharne à recherche la vérité la plus scandaleuse possible pour pimenter ses weekends.
Mais quoi qu'il en soit c'est votre point de vu, et de ce fait par sa nature, il est aussi respectable qu'un autre.
Et finalement ce n'est pas à cause de ce désaccord que ma présence aura fait défaut à votre cours ce semestre, mais simplement du fait que la réflexion y était entravée et le dialogue muselé. Lorsque l'on a l'audace, monsieur, de tenir de tels propos : il faudrait également penser à avoir l'audace de permettre une réponse à ces derniers plutôt que de réclamer le silence a votre auditoire.
Ce serait finalement cela, peut être, la philosophie : de l'honnêteté intellectuelle avant tout autre chose.
Je vous remercie cependant de m'avoir appris une chose : ce n'est pas un statut d'agrégé en philosophie qui pourra permettre à qui le veut de se prétendre philosophe. »